Crise du lait : que se passe-t-il ?
1- Evolution du prix du lait au niveau européen
Après les fortes hausses du prix du lait de 2007 et de 2008, les producteurs laitiers ont connu une baisse historique du prix du lait en 2009 notamment au mois d’avril. Dans certaines régions, les producteurs ont subi une baisse de 90 € par tonne.
2- La production laitière dans le monde
La collecte de lait française est en sous réalisation (7 à 8 % en dessous de notre quota). Les pays de l’Europe du Nord ont choisi de produire plus pour compenser la baisse des prix. D’autres pays européens (par exemple l’Italie ou l’Irlande) est en sous réalisation par rapport aux années précédentes. La production de lait européenne devrait donc rester stable pour cette campagne.
Aux Etats-Unis et en Australie, la production reste également stable. Par contre, en Amérique du Sud, la production est en baisse.
Partout dans le monde, le prix du lait a beaucoup baissé en 2009. Celui-ci est bien trop faible pour permettre aux agriculteurs d’en vivre.
3- La différence entre les régions
Cependant nous pouvons constater que certaines régions ont su maintenir un prix du lait assez élevé grâce aux AOC et aux IGP ont su valoriser, au tourisme et à l’image positive des régions concernées (ski, randonnées…). Ces régions sont essentiellement des régions montagneuses comme la Franche-Comté ou les Alpes du Nord. Pour continuer à bien vivre du lait, ces régions ne peuvent pas produire plus. Elles comptent donc sur le développement de leurs AOC.
4- Pourquoi tant de polémique ?
Les agriculteurs connaissent une crise du lait qui les mettent dans une situation financière difficile. A l’heure actuelle, les agriculteurs n’arrivent pas à payer leurs charges et travaillent à perte. Les prix sont descendus en dessous de la barre des 200 € /1 000 litres (dans certaines régions). La quantité de lait produite est trop importante par rapport à la demande. De plus, le problème est que la France est concurrencée par les autres pays européens qui proposent du lait à prix intéressants mais qui ont des coûts de productions moins élevés qu’en France.
C’est pour cela que nous avons beaucoup entendu parler des manifestations des agriculteurs qui ont mené différentes actions dans plusieurs régions et plusieurs pays ces derniers mois.
5- Les actions menées par les producteurs de lait

Pour exprimer leur mécontentement, les producteurs laitiers ont menés plusieurs actions. Ils ont bloqué des laiteries, déverser du lait devant les préfectures, organiser des manifestations au niveau national et international. Ils ont aussi fait la grève des livraisons de lait pendant plusieurs jours. Pendant cette période, ils jetaient leur stock de lait à la fosse ou le distribuaient aux consommateurs.
6- Les mesures prises par le gouvernement
Le 19 octobre, la commission européenne a débloqué 280 millions d’euros d’aides pour la filière laitière.
Le 27 octobre, Nicolas Sarkozy a mis en place un plan d’urgence pour aider les producteurs laitiers les plus touchés par la crise laitière. Ce plan consiste à distribuer un milliard d’euros de prêts à taux réduits et 650 millions d’allègements de charges sur 2009 et 2010.
7- Ce que réclament les producteurs
Les producteurs laitiers souhaiteraient une régulation des prix au niveau européen et une rémunération basée par rapport au coût de production. Ils souhaiteraient aussi ne plus être dépendant des primes et pouvoir vivre correctement de leur métier. A court terme, la Fédération Nationale des Producteurs de Lait demande une prise en charge des cotisations sociales et des investissements. A long terme, elle demande la création de labels permettant aux consommateurs de repérer le lait produit en France.
8- Pourquoi une augmentation des prix des produits laitiers pour les consommateurs et une baisse pour les agriculteurs ?

Le principal problème pour les producteurs est la vente de leurs produits à des prix dérisoires aux grossistes et le fait de retrouver ces mêmes produits à prix d’or dans les grandes surfaces (ex: Danone, le lait payé aux agriculteurs 0,20 € le litre et acheté par les consommateurs 1,20 € le litre en grande surface).
Cette augmentation est aussi due aux transformations effectuées sur le produit. Mais aussi aux marges que prennent certains intermédiaires. Pour enrayer ce problème, une des solutions serait de favoriser le développement des circuits courts.
9- Les conséquences de la crise.
Certains exploitants n’arrivent plus à payer leurs fournisseurs et rembourser leurs emprunts. Ces exploitants travaillent à perte et n’arrive plus à se dégager un revenu pour vivre. Par exemple, dans certaines régions le coût de production est compris entre 300 et 320 € par tonne alors que les producteurs vendent leur lait 270 € par tonne.
De plus, ils vont choisir de moins investir ce qui va entraîner des baisses d’activité dans certains secteurs et ce qui peut provoquer du chômage dans d’autres secteurs.
Cette crise aura pour conséquences à long terme la cessation d’activité d’un certain nombre d’exploitation. Nous pouvons penser que les exploitations les plus touchées seront les petites structures qui ne peuvent survivre à un prix de vente du lait dérisoire et des charges qui ne cessent d’augmenter mais les grandes structures sont aussi beaucoup touchés car elles ont des investissements importants. On peut penser que les exploitations agricoles vont de plus en plus ressembler à des industries et se concentrer essentiellement dans les zones de plaine où l’agriculture est moins contraignante qu’en montagne.
De plus, celle-ci aura également pour conséquence la diminution du nombre d’agriculteurs, plus particulièrement d’éleveurs laitiers. Vu la conjoncture actuelle, on peut penser que le nombre d’installation va diminuer puisqu’il est difficile de démarrer une activité avec un marché aussi instable qu’il est aujourd’hui. De plus un grand nombre d’éleveurs laitiers se convertissent en élevage allaitant mais toutes les productions agricoles sont plus ou moins en difficulté.
Dans certains départements comme la Manche par exemple, on a pu constater une série de suicides (six entre mai juin et septembre 2009 dans ce département) qui sont probablement liés à une angoisse par rapport à l’avenir incertain provoqué par la crise du lait.
10- Les circuit courts ne serait-il pas la solution « anti – crise » ?
Actuellement vue le prix de base de vente d’achat du lait au producteur par les grande entreprise laitière telle que Danone, Sodial union, Candia … la solution pour les agriculteur ne serait-il pas la transformation et la vente sur la ferme ou bien une diversification de la production par le biais d’accueil ou de « ferme pédagogique ». Cependant en cas de banalisation de ce système de diversification est se que les agriculteur y trouverait toujours leur compte ? Une multiplication de la vente directe aurait un impact direct sur les prix de vente des produits et sur le revenu des agriculteurs cependant nous savons que cette diversification ne peu pas être appliquée sur toutes les exploitations car les exploitations a haute production n’ont pas la possibilité de la transformation excepté par le biais de GAEC (exploitation où plusieurs agriculteurs sont associés). De plus la recherche de marché est coûteuse et prend du temps, et à l’heure actuelle vue la conjoncture nous pouvons nous demander si les agriculteurs ont les moyens pour une telle dépense. Sa obligerait les agriculteurs à devenir de vrais démarcheurs, qu’il cherche leur marché, qu’il fasse leur site Internet, qu’il mettent en place des panneaux publicitaires. Le développement des magasins de producteurs pourrait aussi être une bonne solution qui serait par la même occasion moins coûteuse.
A votre avis, quelles solutions pour l’agriculture de demain ?
CHAMIOT-CLERC Marie-Laure












